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Chapitre 1 : des raisons pour être végétarien ou végétalien




PLUS JAMAIS

Rien qu'en France, plus d'un milliard d'animaux servent chaque année de nourriture à des humains. Jamais massacre planifié aussi massif n'a existé, et si les animaux n'étaient pas tant méprisés, la consommation de viande apparaîtrait alors telle qu'elle est : abominable.

Mais justement, elle ne suscite que rarement l'indignation. C'est plutôt l'indifférence qui est reine en ce domaine, alors même que les conséquences sanglantes de la consommation de viande s'étalent au vu et au su de tout le monde, dans la rue, sur les étals de bouchers, dans les pubs, les films, mais aussi dans les prés ou dans les élevages en batterie. Et dans les assiettes. L'attention des humains se limite trop couramment, lorsqu'elle daigne se pencher sur le sort d'animaux, à la vivisection, la chasse ou la fourrure.

C'est que l'utilisation des animaux, comme nourriture, prouve aux humains, de façon pratique, quotidienne, infiniment répétée, leur différence, leur supériorité sur les " bêtes ", leur propre valeur. C'est pourquoi ils tiennent tant à la perpétuer. Hormis les enfants qui se posent des questions sur l'origine de la viande à un certain âge, et qu'on désinforme, souvent, grossièrement, tout le monde connaît l'origine de la viande. Tout le monde sait que les animaux souffrent, éprouvent de la douleur au même titre que les humains. C'est pour nous la raison de cesser de les manger, ou de les utiliser pour la vivisection (etc.). Il nous intéresse qu'on cesse de considérer leur vie (et son contenu) comme insignifiant, et qu'on leur prête la même attention, la même considération que l'on a envers les humains (du moins au niveau du discours). Tant qu'on considèrera que " les humains d'abord " est une affirmation qui va de soi, il ne pourra y avoir qu'une totale déconsidération des intérêts des animaux. En ce qui concerne la consommation de viande, il devrait être clair que les intérêts du mangeur et ceux du mangé sont immensément disproportionnés.

Cette indifférence à l'égard de tous les animaux non-humains, et particulièrement à l'égard des animaux " comestibles ", est due en partie, au fait que tout et tout le monde nous renvoie sans cesse à cette vision. La pression sociale qui s'exerce sur chacun et par chacun, la volonté de consensus, la peur des conflits jouent un grand rôle dans cette acceptation. Car si l'opposition à la chasse ou à la vivisection concerne un adversaire lointain, clairement décelable, et a priori totalement étranger à soi, il n'en va pas de même pour la boucherie : nous avons presque tous été amenés à manger de la viande, et presque toujours notre entourage en mange…

A travers l'opposition à la vivisection (ou la chasse, la fourrure…), on peut se permettre d'éprouver des émotions vis-à-vis des animaux et de les prendre en compte partiellement, parce que cela remet peu en cause notre mode de vie, ni notre univers mental, parce qu'on ne brise pas le consensus avec le voisin (au contraire, on l'affermit : ce n'est pas lui, non plus, le " monstrueux " vivisecteur) et parce que l'antivivisection trouve aussi appui sur une peur diffuse, et donc sur des oppositions supplémentaires, plus acceptables pour les humains qui mangent de la viande : opposition au profit (au capitalisme financier), à la technologie " démoniaque ", à la démiurgie de l'humain…

Souvent, les humains veulent se prouver qu'ils aiment la vie, en essayant d'adhérer à l'idée " virile " qu'ils s'en font : celle d'un combat perpétuel, qui exige de tuer pour ne pas être tué, qui exige de la dureté (ou plutôt, d'être dur)… Et aussi en essayant d'adhérer à l'image qu'ils se font de ce qu'est aimer la vie : ne pas craindre la mort. Et comment se donner l'impression qu'on ne craint pas la mort, s'en administrer la " preuve " ? En flirtant avec elle d'une part, en fonçant en bagnole… Et d'autre part, en tuant, en donnant la mort, en se donnant ainsi l'impression de la maîtriser, de ne plus la craindre, puisqu'elle peut être là, sans nous affecter : elle semble alors ne plus avoir d'importance.

Que vivre implique souvent de se battre, de se montrer dur, de tuer aussi, c'est vrai, mais les humains ne le vivent pas comme une simple constatation, mais ont un rapport d'ordre mystique, religieux, avec cette représentation de la vie, puisqu'ils ont alors l'impression de ne plus vivre " véritablement " s'ils cessent de tuer ! S'ils cessent de cultiver la dureté… S'ils commencent à avoir peur de la mort ! Tout comme bien des humains croiraient ne plus être des " vrais " humains s'ils cessaient de cultiver leur virilité ! Ce combat pour la vie, par le meurtre, est purement symbolique et imaginaire, d'autant plus que ne sont mis à mort et mangés que ceux qui sont " prévus " à cet effet, que ceux dont la mort est permise ! Qu'on ait la possibilité de nier " illusoirement " sa propre mort en tuant les autres est une chose. Qu'on ne puisse vivre que par cette négation en est une autre, et la volonté de se prouver qu'on aime vivre laisserait plutôt penser que notre rapport à notre vie est loin d'être simple.

 

Y A-T-IL BESOIN DE PLUS ?

Il devrait suffire de voir l'expression du visage d'un animal lorsqu'on l'égorge, sa terreur lorsqu'il sent qu'on va le tuer, voir son sang couler, l'entendre hurler, se débattre pour avoir suffisamment d'arguments pour devenir végétarien ou végétalien.

 

L'ORIGINE DE NOS IDEES & SE REMETTRE EN CAUSE

D'où viennent nos idées, nos désirs, tout ce qu'on définit comme étant " soi " ? Nos idées ne viennent pas de notre " intérieur ", mais elles sont issues de toute notre éducation et de toutes nos expériences. Ce que nous considérons comme faisant parti de nous-mêmes n'est ni plus, ni moins, quelque chose, que d'autres nous ont apporté. L'humain est un être culturel : sans l'apport culturel de ses congénères, l'humain ne développe pas de langage ou d'idées particulièrement élaborées. Ce que nous sommes est étroitement lié à notre milieu, même l'accent de nos paroles est influencé par notre milieu et seuls ceux qui viennent d'une autre région se rendent compte que nous avons un accent. Sans regard extérieur, nous ne nous en rendons pas compte. En ayant conscience de tous ce qui nous influence, nous pouvons arriver à prendre du recul sur ce que nous pourrions prendre comme faisant partie intégrante de notre personnalité. Il est à ce moment plus facile de se remettre en cause, sans avoir l'impression de perdre un bras ou une jambe : on nous a donné nos idées, nous ne les avons pas forcément choisies et si ces idées sont mauvaises, cela ne veut pas dire que nous soyons, nous, mauvais. Nous sommes " mauvais " juste car nous avons trop intégré, en nous, ces idées au point de nous identifier totalement à elles, de les considérer comme étant une émanation de " soi ". Notre milieu nous conditionne, et ceci est vrai pour tout le monde. Certains en ont plus ou moins conscience ; de ce fait ils sont plus capables de prendre du recul et d'avoir un esprit critique.

Beaucoup ne font, toute leur vie, que singer leurs semblables, que se soit lorsqu'ils sont enfants en imitant leurs parents ou une fois adulte en s'identifiant aux valeurs des groupes auxquels ils sont intégrés. Se remettre en cause, admettre qu'on a tort est très dur. C'est une sorte de fierté que chacun possède plus ou moins. Arriver à ce qu'une personne admette que son attitude est oppressive et tyrannique, et qu'elle se motive à faire des efforts pour l'éviter n'est pas évident. Des maris violents, des violents, des personnes qui sont en position de force acceptent rarement, d'eux-mêmes de modifier leur attitude. Il faut souvent une contrainte pour y arriver (pression de l'entourage, coalition, personnes plus fortes, système judiciaire, travail thérapeutique, etc.). On voit facilement la tyrannie d'un dictateur politique, ou la tyrannie des autres qu'on subit, mais réfléchir sur sa propre tyrannie est plus difficile pour la plupart des humains que de jouer les rapports de force. Ce sera " excitant ", facile et rassembleur de monter une population (à tort ou à raison) contre une autre personne (ou un groupe de personnes). Avoir un ennemi commun permet de s'unir et de se positionner dans le camp des " gentils ". Alors que se remettre en cause est moins mobilisateur.

Un problème est toujours " secondaire " lorsqu'on n'a pas à en souffrir et encore pire quand on sent bien que la cause du problème est soi-même – rien n'est objectif. Qu'on ne s'étonne pas de la tyrannie des humains quand on n'est pas capable soi-même de se remettre en cause juste à cause d'un plaisir qu'on nous a appris à éprouver lorsqu'on mange de la viande d'animaux morts. Car là aussi ce plaisir on nous l'a inculqué…

Quel tyran, quel violent, quel macho, quelle personne assoiffée de pouvoir se préoccupe de la peine de ses victimes quand il n'en souffre pas lui-même ? Par contre, lorsque le tyran se retrouve à son tour dans la position du faible, il réclame pitié pour lui. Ne serait-il pas plus simple de faire un effort pour moins rechercher à écraser l'autre ? Chacun y trouverait son compte : pas de vainqueur, ni de vaincu, pas de dominant, ni de dominé.

 

LA VIOLENCE…

Un jour une femme omnivore qui avait fait un reportage dans un abattoir a refusé de me prêter les photos qu'elle avait réalisé car, d'après elle, exposer ces photos aux non-végétariens était une violence trop forte envers eux. Il ne faudrait donc pas parler de la réalité qui se cache dans les abattoirs car cela rendrait la digestion moins agréable. La terreur et l'abattage en masse subit par les animaux n'étaient pas par contre, pour elle, une violence bien pire que la vue de cette réalité. Voir l'horreur sur des photos serait-il plus douloureux que d'être les victimes sur les photos ? Vouloir cacher ce spectacle est la meilleure preuve que cette pratique est ignoble.



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